2266144553

Edition Pocket ; 107 pages.
5,20 euros.

"Entre les murs d’une grande propriété isolée, un homme et sa mère vivent dans l’attente du retour du fils aîné. Torturé par un amour qu’il dit avoir à jamais perdu et par le manque de sentiments que lui témoigne sa mère, l’homme se souvient de son enfance et des épisodes tragiques qui l’ont rythmée.
Récit flamboyant d’une souffrance incandescente, Cousine K relate la folie d’un homme et ses efforts désespérés pour conjurer une enfance vécue comme une malédiction. Une enfance faite de lambeaux, une île maudite, désertique, comme une prison aux grandes fenêtres de ronces. Survivant de ce long hiver, le personnage campé par Yasmina Khadra nous conte l’enfer quotidien de celui qui attend un geste d’affection comme on espère sa libération de l’antre de la mort. Avec une justesse qui fait de ce texte bref une perle noire aux émotions contradictoires, il confirme son sens de l’observation dans cette exploration de l'esprit humain en proie aux démons de la haine. --Hector Chavez --."

C'est le premier livre que je lis de cet auteur, et même si j'ai beaucoup aimé, je ne sais pas s'il y en aura d'autres. C'est une atmosphère très pesante que l'on trouve dans ce roman. Yasmina Khadra décrit très bien la solitude de son personnage, qui est totalement inexistant pour son entourage, et qui en souffre énormément. Peu de choses l'atteignent vraiment, il ne pleure pas son père par exemple, pourtant décédé de manière très brutale. Cependant il est profondément blessé par sa mère, qui ne prend même pas la peine de l'appeler par son propre nom. Et l'on sait combien l'amour et le regard d'une mère peuvent déterminer la vie de ses enfants...
Le narrateur, dont on ne connaît pas le nom (il est trop insignifiant aux yeux des autres pour être nommé), est fasciné par cette cousine K, pourtant très méchante avec lui. Mais, elle a le mérite à ses yeux de savoir qu'il existe. Toute la souffrance emmagasinée par le narrateur va le plonger peu à peu dans la folie, et le rendre obsédé par une seule idée, se rendre utile. C'est bien cela qu'il gémit un soir, il veut être serviable, parce que c'est la seule façon qu'il a d'exister.
Cet homme semble d'abord totalement apathique, puis blessé, avant d'apparaître comme un fou. Mais l'auteur parvient, malgré le sentiment d'horreur qui nous saisit, à nous faire compatir pour son héros.
Un livre bouleversant !