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Edition Le Livre de poche ; 158 pages.
4,50 euros.

"Quand on lit le titre Le Petit Meaulnes on croit d'abord à une énorme faute d'impression, un lapsus d'imprimeur ou, pire, un jeu de mots provocateur destiné à faire rire. Ce n'est pas le cas. Le Petit Meaulnes existe, je l'ai rencontré. La première fois c'était à la page 11 du livre de poche Le Grand Meaulnes. Il y fait un passage furtif. On apprend qu'il s'appelle Antoine et qu'il est le cadet du Grand Meaulnes..."

Voilà un petit livre très agréable à lire, drôle et touchant. Je préviens les fans du Grand Meaulnes, ce livre ne respecte son aîné que dans les grandes lignes. Il s'attache essentiellement à décrire la relation entre deux frères, l'un beau, grand et intelligent, aimé de tous, car atteint de la maladie du romantisme, et l'autre, petit et effacé. Le début est vraiment adorable, et raconte avec humour la relation des deux Meaulnes, qui passent leur temps à se battre.

Dans un second temps, l'atmosphère change, parce que le nom d'Yvonne de Galais apparaît. C'est alors avec déléctation voire même cynisme que Jean-Louis Fournier détruit le personnage du Grand Meaulnes. L'histoire dévie alors complètement du roman dont il est issu. On entre dans un monde entre la folie et le rêve, et on se demande ce que nous raconte exactement Jean-Louis Fournier. La fin de l'histoire est assez étrange, on ne comprend pas bien ce qui arrive au Grand Meaulnes, pourquoi il agit ainsi à l'égard de son frère. Et cette espèce de morale que nous sort l'auteur à la dernière phrase est un peu gonflée à mon goût.

Pour résumer, une très bonne première partie, une seconde partie assez étrange, et une fin qui déborde de cynisme. Mais ce livre vaut la peine d'être lu. Et puis, il est très court, une heure suffit largement.

"Dimanche 2 juillet 1912

Augustin a dit :

"Plus tard je serai illustre."

Il a ajouté :

"Toi aussi, Antoine, tu seras illustre.

Tu seras un illustre inconnu."