19 octobre 2006
Alcools ; Apollinaire

Les trois arbres, automne ; Claude Monet
Automne Malade
Automne malade et adoré
Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé dans les vergers
Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n'ont jamais aimé
Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé
Et que j'aime saison que j'aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu'on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu'on foule
Un train qui roule
La vie
S'écoule
Guillaume Apollinaire
Commentaires sur Alcools ; Apollinaire
- J'adore celui-ci :
Nuit rhénane
Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Écoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux verts et longs jusqu'à leurs pieds
Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées
Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été
Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire - Je ne sais plus pourquoi il porte ce titre, mais je te rassure, ce ne sont pas les confessions poétiques d'un ivrogne, plutôt le chagrin d'un homme blessé par "l'ivresse de l'amour" (ok, c'est un peu tiré par les cheveux, mais bon...).
C'est un très beau recueil, j'aime aussi beaucoup Le pont Mirabeau, poème très connu, encore sur un chagrin d'amour.
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