13 octobre 2006
Jane Eyre ; Charlotte Brontë
Édition Le Livre de Poche ; 544 pages.
5,50 euros.
"Le vent dans les landes désolées a creusé l'âme des soeurs Brontë. Seules, elles se sont inventé une compagnie, célibataires, elles ont rêvé l'amour. Publié en même temps que le livre de sa soeur Emily, Les Hauts de Hurle-Vent, le roman de Charlotte connut d'emblée un immense succès. Une jeune gouvernante aime le père de son élève et est aimée de lui. Mais elle résiste à cet amour, découvrant avec horreur un terrible secret. L'histoire, qui trouve son origine dans la jeunesse tourmentée de son auteur, fait se succéder coups de théâtre et de passion, fuite éperdue dans les landes et sens du devoir jusqu'à l'héroïsme. Jane Eyre est l'un des plus beaux romans d'amour anglais du XIXe siècle. Tout y est romantique et tout y est vrai. Jane Eyre, c'était Charlotte Brontë elle-même."
Je me demande comment j'ai pu ne pas lire ce livre avant cette semaine... Il s'agit de l'une des plus belles histoires d'amour que j'ai lues. Aucune mièvrerie dans ce livre, tout est vrai, simple, pur. Les héros ne sont pas des personnes parfaites, ils ne sont pas beaux, ni à l'abri de tous les vices. L'un a un passé trouble et possède un caractère très sombre de prime abord. L'autre semble frêle et timide, mais est en fait très sûre de ses opinions, et d'une grande franchise. Ils sont faits l'un pour l'autre. Charlotte Brontë, on le sent, a pris beaucoup de plaisir à écrire ce livre, elle y glisse en effet quelques pointes d'humour, en français souvent. Certaines scènes ont été jugées scandaleuses lorsque le livre est sorti (celles où Jane Eyre et Mr Rochester expriment physiquement la tendresse qu'ils éprouvent l'un pour l'autre). C'est certain qu'il fallait que l'auteure ait une grande indépendance d'esprit pour décrire ces gestes d'affection, mais c'est surtout très heureux, car ce sont les moments les plus forts et les plus touchants du roman. Je pensais lire un livre extrêmement sombre et déprimant, car je me fiais à l'impression que m'a laissé Les Hauts de Hurle-Vent, d'Emilie Brontë. Au lieu de cela, j'ai découvert que si Charlotte Brontë n'utilisait pas d'artifices pour rendre ses personnages brillants à l'extrême, elle ne les rendait pas non plus totalement malheureux. Elle croit en la possibilité d'être heureux, même quand tout peut paraître perdu. Il est facile de s'identifier à Jane, et même à Mr Rochester, car malgré quelques détails qui semblent assez irréalistes (mais qui ajoutent à la beauté du roman et au ravissement que l'on ressent en le lisant) , ce couple peut parfaitement correspondre à l'idée que l'on se fait du bonheur...
NB : Si vous possédez l'édition du Livre de poche, ne lisez pas la quatrième de couverture, elle révèle la principale énigme du roman, ce qui est extrêmement dommage.

